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יתרו
Paracha Yitro
La révélation et la responsabilité
Chemot (Exode) 18:1 – 20:23

✨ Introduction — Le contexte de la Paracha

La Paracha Yitro se situe à un moment charnière de la sortie d'Égypte. Après la délivrance miraculeuse, le peuple d'Israël arrive dans le désert du Sinaï. C'est là que se produit l'événement fondateur de toute la Torah : le Don de la Torah.

Fait remarquable, cette paracha porte le nom d'un homme non israélite, Yitro, prêtre de Midiane et beau-père de Moché. La tradition séfarade souligne ici un enseignement fondamental : la sagesse peut venir de l'extérieur, et la reconnaissance d'Ashem précède parfois l'Alliance elle-même.

Yitro reconnaît la grandeur d'Ashem, conseille Moché dans l'organisation du peuple, puis assiste spirituellement au moment où Israël reçoit les Dix Paroles (Aseret HaDibrot).

🙏 1. Yitro : reconnaissance d'Ashem et sagesse pratique

Yitro entend parler de tout ce qu'Ashem a accompli pour Israël. Sa réaction est immédiate : reconnaissance, joie et louange.

« Maintenant je sais qu'Adonaï est plus grand que toutes les puissances. »

הָעַתָּה יָדַעְתִּי כִּי־גָדוֹל יְיָ מִכָּל־הָאֱלֹהִים

Ha'ata yadati ki gadol Adonaï mikol ha'elohim

(Chemot 18:11 / Exode 18:11)

La tradition séfarade insiste sur le verbe yadatij'ai su. Il ne s'agit pas d'un savoir intellectuel, mais d'une connaissance intérieure, née de l'expérience et de l'humilité.

Yitro observe ensuite Moché épuisé par la charge de juger seul le peuple. Il lui propose une organisation structurée, déléguée, humaine.

➡️ Enseignement : La Torah n'est pas seulement révélation céleste, elle est aussi sagesse d'organisation du monde réel.

⛰️ 2. Le Sinaï : une révélation pour tout un peuple

Contrairement à d'autres révélations adressées à un individu, le Sinaï concerne tout Israël, hommes, femmes et enfants.

« Israël campa là, face à la montagne. »

וַיִּחַן שָׁם יִשְׂרָאֵל נֶגֶד הָהָר

Vayichan sham Israël neged hahar

(Chemot 19:2 / Exode 19:2)

Les Sages remarquent l'usage du singulier vayichan : Israël campa comme un seul homme, avec un seul cœur.

La tradition séfarade voit dans cette unité la condition indispensable pour recevoir la Torah.

📜 3. Les Dix Paroles : alliance et responsabilité

Les Dix Commandements ne sont pas seulement des lois, mais des paroles vivantes, adressées directement au peuple.

« Je suis Adonaï ton Ashem, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte. »

אָנֹכִי יְיָ אֱלֹהֶיךָ אֲשֶׁר הוֹצֵאתִיךָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם

Anochi Adonaï Elohekha asher hotsetikha me'erets Mitsrayim

(Chemot 20:2 / Exode 20:2)

La Torah commence par une relation, non par une obligation. Avant de commander, Adonaï libère.

Les commandements se divisent traditionnellement en deux axes : relation à Adonaï, et relation à l'autre.

➡️ La tradition séfarade rappelle que servir Adonaï passe nécessairement par le respect de l'humain.

4. La crainte et la proximité

Face à la révélation, le peuple éprouve la crainte. Moché rassure Israël :

« N'ayez pas peur, car c'est pour vous élever qu'Adonaï est venu. »

אַל־תִּירָאוּ כִּי לְבַעֲבוּר נַסּוֹת אֶתְכֶם בָּא הָאֱלֹהִים

Al tirau, ki leva'avur nasot et'khem ba ha'Elohim

(Chemot 20:17 / Exode 20:17)

La crainte n'est pas paralysante : elle est élévation morale.

🕊️ Conclusion — Une Torah donnée pour être vécue

La Paracha Yitro nous enseigne que la Torah naît d'une libération, d'une écoute humble, parfois venue de l'extérieur, et d'une responsabilité collective.

Recevoir la Torah, ce n'est pas seulement entendre des paroles célestes, c'est accepter d'organiser le monde avec justice, unité et respect.

Dans la tradition séfarade, Yitro incarne cette vérité essentielle : La grandeur d'Adonaï se révèle lorsque l'homme sait écouter, transmettre et agir avec sagesse.

Yitro — "יתרו" — Les enseignements fondamentaux

  • La sagesse vient de l'extérieur. Yitro, non-israélite, reconnaît Ashem et apporte un conseil salvateur à Moché — l'humilité consiste à recevoir la vérité, quelle que soit sa source.
  • L'organisation comme expression de la Torah. La délégation et la structure ne sont pas secondaires — elles incarnent la sagesse divine dans le réel, au service du peuple.
  • L'unité comme condition de la révélation. Le singulier vayichan enseigne qu'Israël devait être uni, comme un seul cœur, pour recevoir la Torah au Sinaï.
  • Les Dix Paroles : libération avant obligation. Avant de commander, Adonaï se présente comme Celui qui libère — la relation précède la Loi, l'amour fonde le commandement.
  • La crainte comme élévation morale. La crainte du Sinaï n'est pas terreur, mais conscience de la grandeur — elle élève l'homme plutôt que de le paralyser.

Que cette paracha nous aide à recevoir la Torah chaque jour — non comme un héritage figé, mais comme une parole vivante, adressée à chacun de nous.

Shabbat Shalom.

🎥 Étude vidéo de la Paracha Yitro

Découvrez cette étude en format vidéo pour approfondir votre compréhension de la Paracha Yitro et du Don de la Torah au mont Sinaï. Une exploration de la reconnaissance d'Ashem par Yitro, de l'organisation du peuple, de l'unité nécessaire à la révélation, et des Dix Paroles comme fondement de l'Alliance. Une réflexion sur la Torah comme parole vivante dans la tradition séfarade.