La Paracha Yitro se situe à un moment charnière de la sortie d'Égypte. Après la délivrance miraculeuse, le peuple d'Israël arrive dans le désert du Sinaï. C'est là que se produit l'événement fondateur de toute la Torah : le Don de la Torah.
Fait remarquable, cette paracha porte le nom d'un homme non israélite, Yitro, prêtre de Midiane et beau-père de Moché. La tradition séfarade souligne ici un enseignement fondamental : la sagesse peut venir de l'extérieur, et la reconnaissance d'Ashem précède parfois l'Alliance elle-même.
Yitro reconnaît la grandeur d'Ashem, conseille Moché dans l'organisation du peuple, puis assiste spirituellement au moment où Israël reçoit les Dix Paroles (Aseret HaDibrot).
Yitro entend parler de tout ce qu'Ashem a accompli pour Israël. Sa réaction est immédiate : reconnaissance, joie et louange.
« Maintenant je sais qu'Adonaï est plus grand que toutes les puissances. »
הָעַתָּה יָדַעְתִּי כִּי־גָדוֹל יְיָ מִכָּל־הָאֱלֹהִים
Ha'ata yadati ki gadol Adonaï mikol ha'elohim
(Chemot 18:11 / Exode 18:11)
La tradition séfarade insiste sur le verbe yadati — j'ai su. Il ne s'agit pas d'un savoir intellectuel, mais d'une connaissance intérieure, née de l'expérience et de l'humilité.
Yitro observe ensuite Moché épuisé par la charge de juger seul le peuple. Il lui propose une organisation structurée, déléguée, humaine.
➡️ Enseignement : La Torah n'est pas seulement révélation céleste, elle est aussi sagesse d'organisation du monde réel.
Contrairement à d'autres révélations adressées à un individu, le Sinaï concerne tout Israël, hommes, femmes et enfants.
« Israël campa là, face à la montagne. »
וַיִּחַן שָׁם יִשְׂרָאֵל נֶגֶד הָהָר
Vayichan sham Israël neged hahar
(Chemot 19:2 / Exode 19:2)
Les Sages remarquent l'usage du singulier vayichan : Israël campa comme un seul homme, avec un seul cœur.
La tradition séfarade voit dans cette unité la condition indispensable pour recevoir la Torah.
Les Dix Commandements ne sont pas seulement des lois, mais des paroles vivantes, adressées directement au peuple.
« Je suis Adonaï ton Ashem, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte. »
אָנֹכִי יְיָ אֱלֹהֶיךָ אֲשֶׁר הוֹצֵאתִיךָ מֵאֶרֶץ מִצְרָיִם
Anochi Adonaï Elohekha asher hotsetikha me'erets Mitsrayim
(Chemot 20:2 / Exode 20:2)
La Torah commence par une relation, non par une obligation. Avant de commander, Adonaï libère.
Les commandements se divisent traditionnellement en deux axes : relation à Adonaï, et relation à l'autre.
➡️ La tradition séfarade rappelle que servir Adonaï passe nécessairement par le respect de l'humain.
Face à la révélation, le peuple éprouve la crainte. Moché rassure Israël :
« N'ayez pas peur, car c'est pour vous élever qu'Adonaï est venu. »
אַל־תִּירָאוּ כִּי לְבַעֲבוּר נַסּוֹת אֶתְכֶם בָּא הָאֱלֹהִים
Al tirau, ki leva'avur nasot et'khem ba ha'Elohim
(Chemot 20:17 / Exode 20:17)
La crainte n'est pas paralysante : elle est élévation morale.
La Paracha Yitro nous enseigne que la Torah naît d'une libération, d'une écoute humble, parfois venue de l'extérieur, et d'une responsabilité collective.
Recevoir la Torah, ce n'est pas seulement entendre des paroles célestes, c'est accepter d'organiser le monde avec justice, unité et respect.
Dans la tradition séfarade, Yitro incarne cette vérité essentielle : La grandeur d'Adonaï se révèle lorsque l'homme sait écouter, transmettre et agir avec sagesse.
Yitro — "יתרו" — Les enseignements fondamentaux
Que cette paracha nous aide à recevoir la Torah chaque jour — non comme un héritage figé, mais comme une parole vivante, adressée à chacun de nous.
Shabbat Shalom.
Découvrez cette étude en format vidéo pour approfondir votre compréhension de la Paracha Yitro et du Don de la Torah au mont Sinaï. Une exploration de la reconnaissance d'Ashem par Yitro, de l'organisation du peuple, de l'unité nécessaire à la révélation, et des Dix Paroles comme fondement de l'Alliance. Une réflexion sur la Torah comme parole vivante dans la tradition séfarade.