"Et voici la bénédiction"
La Paracha Vézot Habérakha est lue non pas un Shabbat, mais le jour de Sim'hat Torah, cette année le mardi 14 octobre 2025 (22 Tichri 5786). Elle marque la conclusion du cycle annuel de la Torah, immédiatement suivie du recommencement avec Béréchit (בראשית).
Vézot Habérakha est la dernière paracha de la Torah. Elle clôt le Séfer Dévarim (Deutéronome) et, par extension, tout le Pentateuque. C'est la seule paracha qui n'est pas lue un Shabbat régulier, mais le jour de Sim'hat Torah, lorsque la joie de l'étude et de la lecture de la Torah atteint son sommet.
Cette paracha résonne comme un testament spirituel : Moïse, avant de quitter ce monde, bénit les tribus d'Israël — chacune selon son caractère, sa mission et son destin.
"Voici la bénédiction par laquelle Moché, homme d'Adonaï, bénit les enfants d'Israël avant sa mort."
וְזֹאת הַבְּרָכָה אֲשֶׁר בֵּרַךְ מֹשֶׁה אִישׁ הָאֱלֹהִים אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לִפְנֵי מוֹתוֹ
Vézot habérakha acher béra'h Moché ich haÉlohim et béné Israël lifné moto
(Dévarim 33:1)
Moïse, désigné ici comme Ich HaÉlohim (l'homme d'Adonaï), n'est plus seulement le libérateur ou le législateur : il devient le père spirituel d'une nation. Cette ultime bénédiction manifeste la plénitude de son lien avec le peuple et avec Adonaï.
Moïse rappelle d'abord la révélation du Sinaï, point d'origine de toute bénédiction spirituelle :
"Hachem est venu du Sinaï, Il s'est levé pour eux de Séïr, Il a resplendi du mont Paran, Il est venu du sein des myriades saintes."
ה׳ מִסִּינַי בָּא וְזָרַח מִשֵּׂעִיר לָמוֹ הוֹפִיעַ מֵהַר פָּארָן וְאָתָה מֵרִבְבֹת קֹדֶשׁ
Hachem miSinay ba, vezara'h miSéïr lamo, hofia méhar Paran, veata mérevévot kodesh
(Dévarim 33:2)
Cette ouverture évoque la présence universelle d'Adonaï : Il se révèle à toute l'humanité avant d'élire Israël pour porter Sa lumière. Les Sages enseignent qu'Adonaï proposa la Torah à tous les peuples avant qu'Israël ne l'accepte (Midrash Sifri).
Chaque tribu reçoit sa propre bénédiction, mais toutes s'unissent dans une même harmonie spirituelle :
Ces bénédictions rappellent celles que Yaakov transmit à ses fils à la fin de Béréchit, mais ici, elles sont universalisées et amplifiées : Moïse parle à un peuple déjà constitué, non plus à une famille.
La paracha s'achève sur un moment bouleversant :
"Moché, serviteur d'Hachem, mourut là, dans le pays de Moav, selon la bouche d'Hachem."
וַיָּמָת שָׁם מֹשֶׁה עֶבֶד ה׳ בְּאֶרֶץ מוֹאָב עַל פִּי ה׳
Vayamot sham Moché éved Hachem bééretz Moav al pi Hachem
(Dévarim 34:5)
Al pi Hachem — littéralement « selon la bouche d'Hachem » — signifie, selon la tradition séfarade, que Moché mourut par un baiser divin, mitat neshika. Il voit la Terre promise sans y entrer : c'est la finalité de toute vie spirituelle, voir sans posséder, bénir sans dominer.
"Il ne s'est plus levé en Israël de prophète semblable à Moché."
וְלֹא קָם נָבִיא עוֹד בְּיִשְׂרָאֵל כְּמֹשֶׁה
Velo kam navi od beIsraël kemoché
(Dévarim 34:10)
La Torah s'achève là où la vie du peuple recommence. Moïse s'efface pour que la Torah devienne le cœur vivant d'Israël. Yéhochoua (Josué) reçoit l'esprit de sagesse, et la chaîne de la tradition se poursuit.
חֲזַק חֲזַק וְנִתְחַזֵּק
'Hazak, 'hazak venit'hazek
Fortifie-toi, fortifie-toi, et soyons fortifiés
Vézot Habérakha n'est pas un adieu, mais une transmission. La lecture de cette paracha nous enseigne que la Torah ne se termine jamais. Moché, en bénissant, relie les mondes : le Ciel et la Terre, la Loi et la Miséricorde, la Parole et le Silence.
Découvrez cette étude en format vidéo pour approfondir votre compréhension de la Paracha Vézot Habérakha et de ses enseignements sur la bénédiction finale de Moïse, la transmission spirituelle et la joie de Sim'hat Torah.