Quand la responsabilité ouvre la voie à la rédemption
Beréchit / Genèse 44,18 – 47,27
La Paracha Vayigach (בראשית מ״ד, י״ח – מ״ז, כ״ז) s'inscrit au cœur du récit de Yossef et de ses frères. Après des années de séparation, de jalousie et de fautes non réparées, la Torah place Yehouda face à une épreuve décisive : défendre Binyamin, le plus jeune, menacé d'esclavage en Égypte.
Dans la tradition séfarade, Vayigach n'est pas seulement une scène d'émotion ; elle est un tournant spirituel où la teshouva (retour, réparation) devient possible. Le rapprochement de Yehouda — vayigach elav — marque l'instant où la parole responsable précède la réconciliation et permet à la Providence d'agir.
« Alors Yehouda s'approcha de lui et dit : "De grâce, Adonaï…" »
וַיִּגַּשׁ אֵלָיו יְהוּדָה וַיֹּאמֶר בִּי אֲדֹנִי
Vayigach elav Yehouda vayomer bi Adonaï
(Beréchit / Genèse 44,18)
Le verbe וַיִּגַּשׁ (vayigach) signifie « s'approcher », mais les Sages y lisent un triple mouvement : approche pour parler, pour prier et, si nécessaire, pour affronter.
Yehouda ne fuit plus. Il assume sa parole et sa responsabilité envers son père Ya'aqov et envers son frère Binyamin. Selon la tradition séfarade, cette attitude incarne la grandeur de l'homme : reconnaître ses fautes passées et agir autrement au moment critique.
Yehouda propose de se substituer à Binyamin :
« Que ton serviteur demeure à la place du jeune garçon… »
וְעַתָּה יֵשֶׁב־נָא עַבְדְּךָ תַּחַת הַנַּעַר
Ve'ata yeshev-na 'avdekha tahat hana'ar
(Beréchit 44,33)
Cette parole répare la faute ancienne de la vente de Yossef, où Yehouda avait déjà joué un rôle clé. La différence est essentielle :
• Autrefois, il avait laissé un frère être vendu
• Aujourd'hui, il offre sa liberté pour sauver un frère
Les maîtres séfarades soulignent que la teshouva véritable se reconnaît lorsque l'homme se retrouve dans une situation similaire et agit différemment.
Face à cette transformation, Yossef ne peut plus se contenir :
« Je suis Yossef. Mon père vit-il encore ? »
אֲנִי יוֹסֵף הַעוֹד אָבִי חָי
Ani Yossef, ha'od avi 'haï ?
(Beréchit 45,3)
La révélation n'est pas une vengeance, mais une lecture spirituelle de l'histoire :
« C'est pour préserver la vie qu'Ashem m'a envoyé devant vous. »
כִּי לְמִחְיָה שְׁלָחַנִי אֱלֹהִים לִפְנֵיכֶם
Ki lemi'hya shelachani Ashem lifneikhem
(Beréchit 45,5)
Dans la tradition séfarade, Yossef incarne la capacité de lire les épreuves à la lumière de la Providence. L'homme agit, Ashem dirige l'histoire.
Vayigach enseigne que la rédemption commence lorsque l'homme ose s'approcher, parler avec vérité et assumer ses responsabilités.
Yehouda ouvre la voie par la parole juste, Yossef répond par le pardon éclairé, et Ya'aqov retrouve ses fils dans l'unité.
Pour la tradition séfarade, cette Paracha rappelle que :
L'homme s'approche, Ashem réconcilie.
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