"Et il alla"
La Paracha Vayelekh (וַיֵּלֶךְ – "Et il alla") se situe dans les derniers chapitres du Séfer Dévarim. Moïse, conscient de la proximité de sa mort, s'adresse au peuple d'Israël avec des paroles d'adieu. Il transmet l'autorité à Yéhoshoua' (Josué), écrit la Torah, et la confie aux prêtres et aux anciens afin qu'elle soit lue à chaque cycle de sept ans lors de la fête de Soukkot (Haqhél).
C'est une paracha brève mais d'une grande intensité spirituelle : elle concentre les thèmes de la transmission, de la responsabilité collective, et de la fidélité à l'alliance.
"Moïse alla et adressa ces paroles à tout Israël."
וַיֵּלֶךְ מֹשֶׁה וַיְדַבֵּר אֶת־הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה אֶל־כָּל־יִשְׂרָאֵל׃
Vayelekh Moché vayedabber et-haddevarim haélleh el-kol Yisraël
(Deutéronome 31:1)
Moïse, à 120 ans, déclare qu'il ne peut plus « sortir et entrer ». Ce geste d'humilité exprime que la mission d'un dirigeant est d'ouvrir la voie, puis de savoir s'effacer pour laisser place à la génération suivante. Le verbe "vayelekh" (et il alla) suggère un mouvement vers l'achèvement de sa mission terrestre.
La passation de pouvoir est accompagnée d'une promesse divine fondamentale :
"C'est l'Éternel qui marche devant toi, Lui-même sera avec toi, Il ne te délaissera pas et ne t'abandonnera pas."
וַה׳ הוּא הַהֹלֵךְ לְפָנֶיךָ הוּא יִהְיֶה עִמָּךְ לֹא יַרְפְּךָ וְלֹא יַעַזְבֶךָּ לֹא־תִירָא וְלֹא תֵחָת׃
Va-Hachem hou ha-holekh lefanékha, hou yihyéh 'immakh, lo yarpékha velo ya'azvéka; lo tira velo teḥat
(Deutéronome 31:8)
Moïse transmet le leadership à Josué en rappelant que la vraie force du dirigeant ne vient pas de lui, mais de la présence divine. Cette leçon de leadership authentique résonne encore aujourd'hui : diriger, c'est servir de canal à la volonté divine.
Tous les sept ans, lors de la fête de Soukkot qui suit l'année de Shemitah, le peuple entier devait se rassembler à Jérusalem pour écouter la lecture publique de la Torah :
"Tu liras cette Torah devant tout Israël, à leurs oreilles. Assemble le peuple, les hommes, les femmes, les enfants... afin qu'ils entendent et qu'ils apprennent à craindre l'Éternel."
וְקָרָאתָ אֶת־הַתּוֹרָה הַזֹּאת נֶגֶד כָּל־יִשְׂרָאֵל בְּאָזְנֵיהֶם׃ הַקְהֵל אֶת־הָעָם הָאֲנָשִׁים וְהַנָּשִׁים וְהַטַּף... לְמַעַן יִשְׁמְעוּ וּלְמַעַן יִלְמְדוּ...
Veqarata et-hattorah hazzot negued kol-Yisraël be-oznêhem; haqhél et-ha'am, ha'anashim vehannashim ve-hattaf... lema'an yishme'ou u-lema'an yilmedou...
(Deutéronome 31:11-12)
La Torah n'est pas réservée aux érudits : elle appartient à tout Israël. Le Haqhél démocratise l'accès à la Torah et rappelle que l'apprentissage est un processus collectif et intergénérationnel. Même les enfants sont inclus, car ils représentent l'avenir de la transmission.
"Car je sais qu'après ma mort, vous vous corromprez..."
כִּי יָדַעְתִּי אַחֲרֵי מוֹתִי כִּי־הַשְׁחֵת תַּשְׁחִתוּן...
Ki yada'ti aḥarei moti, ki-hashḥet tashḥitoun...
(Deutéronome 31:29)
Moïse annonce aussi la fragilité d'Israël : après son départ, le peuple sera tenté par l'idolâtrie. Pourtant, l'alliance est indestructible : Hachem promet d'être présent même dans les épreuves. Cette prophétie n'est pas un fatalisme, mais un appel à la vigilance et à la responsabilité de chaque génération.
L'art de transmettre l'autorité avec humilité et confiance en la Providence divine
L'importance de l'éducation collective et de l'accès démocratique à la sagesse
La responsabilité intergénérationnelle et l'engagement communautaire
Les rituels de renouvellement et les moments de rassemblement collectif
La Paracha Vayelekh est un testament spirituel. Elle nous rappelle :
C'est pourquoi dans la liturgie séfarade, cette paracha est souvent lue à proximité de Roch Hachana et de Yom Kippour, comme un appel à se rappeler que la Torah est notre héritage commun et éternel.
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